Phèdre extrait 3 

Phèdre

Acte III    scène 3

 

Le document étudié est un extrait de la pièce de théâtre Phèdre, écrite par Jean Racine en 1677. Jean Racine est un célèbre dramaturge français du XVIIème siècle, très souvent comparé a son ainé Corneille. Racine obtient sa réputation grâce à Andromaque écrit en 1667. Il dépeint la passion comme une force fatale qui détruit celui qui en est possédé.

Phèdre est surement le summum de la tragédie Racinienne, c’est une pièce clé de la carrière de Racine. Phèdre est une pièce qui s’inscrit dans le registre tragique. Elle se compose de cinq actes. Phèdre est la fille de Pasiphaé (mère du Minotaure) et de Minos (roi de Crète). Elle est la sœur d’Ariane (« fil d’Ariane ») et la femme de Thésée (vainqueur du Minotaure et roi d’Athènes). Dans cette pièce Phèdre est désespérément amoureuse de son beau-fils, en apprenant par une rumeur que son mari est mort elle décide d’avouer sa flamme à Hippolyte (beau-fils en question). Celui-ci la repousse, de plus la rumeur étant fausse Thésée qu’elle pensait décédé revient à la demeure familiale. Elle se croit donc perdue car Hippolyte risque de la dénoncer au Roi.

L’extrait que nous allons étudier se situe dans l’acte III, scène 3. Dans cet extrait Phèdre se confie à Oenone (sa domestique) qui va la convaincre de faire de faire accuser Hippolyte du crime qu’elle a commis.

 

« Je te l’ai prédit, mais tu n'as pas voulu. ……………………………………………………………………………………………… ……………………………………………………………………… Dans le trouble ou je suis, je ne peux rien pour moi.»

 

 On assiste donc à un renversement de situation et on peut se demander en quoi Phèdre nous apparaît moins coupable. Pour cela on étudiera d’abord la de pouvoir d’Oenone sur Phèdre, puis l’humanisation de Phèdre. 

 

 

 

I /  Renversement de statut et prise de

 

. Utilisation d’impératif par Oenone :

Vers 52 « Osez l’accuser »,    Vers 42 « appuyer »

Oenone donne des ordres à Phèdre. Ici, elle quitte son statut de servante pour adopter un statut égal ou supérieur à celui de sa maitresse.

 

.Question rhétorique :

Vers 54 « Qui vous démentira ? »

Vise à convaincre Phèdre qui n’a pas d’autres choix que de se rayer du coté d’Oenone

 

 

.Réseau de questions :

Vers 37, 38 « Mais à de tels affronts pourquoi les exposer ? »,    « Pourquoi contre vous-même allez vous déposer ? »

 Elle a pour but de la faire douter, hésiter. Elle lui fait penser que par son idée, ses enfants pourraient éviter la honte d’une mère adultère.

 

 

.Utilisation de la première personne :

Vers 43, 44, 45, 46 «  je serai »,     « je le verrai »,    « je parlerai »

Elle se projette à la place de Phèdre, elle prend sa place sociale. Le futur simple montre que ce qu’elle dit va arriver, elle veut la convaincre.

 

 

.Comparaison :

Vers 61 : « Tremblant comme vous »

Vise à placer Phèdre et Oenone comme des égales, ce qui aide Oenone à convaincre Phèdre qu’elles sont ensembles dans le malheur et qu’elles peuvent s’en sortir ensembles.

 

 

.Obligation impersonnelle :

Vers 72, 74 : «  il faut vous y soumettre »,     «  Il faut immoler »

Idée d’une force supérieur on ne peut aller contre, encore une fois Oenone essaye de convaincre Phèdre.

 

 

.Au final :

Vers 77 : «  Fais ce que tu voudras je m’abandonne à toi »

Renversement complet.  Oenone a réussi a convaincre Phèdre. Celle-ci se laisse manipuler et se pli aux décisions d’Oenone.

 

 

Dans cette scène, Oenone prend l’initiative d’accuser Hippolyte. On passe de celle qui compatie à celle qui agit et qui prend l’initiative. Elle prend la responsabilité du mensonge qui va celer les malheurs de Phèdre.

  

 

 

II /  L’humanisation et la déculpabilisation  de Phèdre

 

 

.Relevé littéraire :

Vers 3 : «  Je mourais ce matin »

Elle a déjà accepté le fait qu’elle va mourir. Elle est consciente de son destin.

 

 

 .Champs lexical de la mort

Vers 23, 24, 25, 4 : « Mourrons »,    « trépas »,     « cesser de vivre »,     « la mort aux malheureux »,      « je meurs »

Phèdre accepte la mort, elle est résigné, c’est un lieu de délivrance.

 

 

 

.Relevé littéraire :

Vers 15 à 20 : « Je sais mes perfidies, Oenone et ne suit point de ses femmes hardies, qui goutant dans le crime une tranquille paix ont su se faire un front qui ne rougit jamais. Je connais mes fureurs, je les rappelle toutes. »

Moment de lucidité et de clarté dans sa folie dévorante. Elle nous apparait très honnête et humaine. Ces lignes rappellent son humanité, ses faiblesses. Cela fait de Phèdre un personnage puissant et presque attachant, le spectateur  peut ressentir de la compassion pour elle.

 

 

 

.Appel aux Dieux :

Vers 28 : « Le sang de Jupiter »

La présence des divinités nous rappelle qu’elle est impuissante face à son destin et qu’on ne peut aller contre la volonté divine. On se rappelle que Vénus avait maudit le Soleil dont Phèdre est la descendante. Elle est donc victime du courroux de la déesse qui veut se venger. On a donc bien conscience de la malédiction familiale qui pèse sur les enfants.

 

 

 

.Anaphore :

Vers 31, 33 : « Je tremble »

Ceci nous montre l’agitation et le désespoir dans lequel se trouve Phèdre. Elle a des remords d’avoir avoué sa passion et cela diminue un peu ses fautes vis-à-vis du spectateur.

 

 

 

Ses sentiments :

Vers 27, 31 : « ! »

Vers 7, 12 : « ma flamme adultère »,     « l’ardeur dont je suis embrasée ? »

Phèdre perd totalement le contrôle de ses sentiments.

 

 

 

Elle ressent de la culpabilité, elle souffre de ce qu’elle est et cela la rend plus humaine. De nouveau, Oenone influe sur la décision de Phèdre. Cette dernière est incapable d’avoir un minimum ce jugement, ses sentiments l’en empêchent. Sa passion dévorante l’empêche d’utiliser son libre arbitre.

 

 

 

Pour conclure, dans cette scène, on assiste à la prise de contrôle d’Oenone. Par d’opposition à la comédie, ici le valet prend le dessus sur le maitre mais cela tente le destin et amène un dénouement tragique. L’action de la servante ne fait qu’accélérer la fin tragique. En parallèle, Phèdre nous apparait comme impuissante et incapable de réagir face à la volonté divine. La manipulation de sa servante et son impuissance face au destin nous montre donc une Phèdre coupable et innocente en même temps.

On pourra se demander par la suite comment l’accusation d’Hippolyte par Phèdre accélérera sa perte.

 

 

 

 

 

Manouvrier charlotte

Poeydomenge Sarah

Boulay Audran

 

 

 

 

 

 

Tags : phedre  extrait  3 

Commentaires

Oui mais que signifie relevé littéraire ?
, le 2009-03-19 à 21h45

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